Pendant longtemps, j’ai cru que ce qui faisait la force d’une équipe, c’était avant tout une vision claire. Donner du sens. Aligner les objectifs. Définir un cap.
C’est d’ailleurs ce que j’ai essayé de mettre en place dès mon arrivée dans ma mission actuelle.
Puis aujourd’hui, après une réunion avec d’anciens collègues, j’ai réalisé que ce n’était peut-être pas suffisant.
L’un d’entre eux était mon binôme quand je bossais sur la refonte de notre produit de gestion de portefeuille. J’ai réalisé aujourd’hui que je détestais ne pas être alignée avec lui, ne plus avoir cette connexion.
Ce sentiment que tu as quand tu es dans le bateau avec ta team, qu’il est en train de prendre l’eau, en pleine tempête, mais que, même si on n’est pas sûrs de s’en sortir, on est tous en train d’écoper, de ramer, de tenir la barre pour ne pas perdre le cap !
Vous savez, ces équipes avec qui vous créez un lien, où il n’y a même plus besoin de se parler pour se comprendre, où on connaît nos modes de fonctionnement, où on s’appuie sur nos forces et où on masque nos faiblesses.
Quand j’ai quitté le produit pour devenir manager, j’ai tout de suite senti ce vide. On m’a dit que j’aimerais ça, que j’aurais plus d’impact ; c’est probablement vrai. Mais moi, pour combler ce manque, j’ai essayé de retrouver ce que j’avais perdu avec l’équipe que je manageais.
Faire de mon équipe mon produit.
Tenter de recréer ce sentiment a été un objectif que je me suis fixé, mais ça n’a pas fonctionné.
La raison principale était, selon moi, qu’on n’avait pas réussi à visualiser l’île qu’on devait atteindre ensemble. On n’était pas montés dans le même bateau.
Mais aujourd’hui, je me rends compte qu’on n’avait pas connu de tempête, ni pris l’eau !
Réussir à aligner un collectif, à exploiter ses compétences et à lisser ses faiblesses sont des enjeux clés dans la réussite d’un projet.
Apporter une vision, c’est important. Donner du sens, c’est important. Choisir, renoncer, guider aussi.
Mais est-ce que la clé pour avoir une vraie “team” serait de survivre à un naufrage ensembl
Finalement, encore aujourd’hui, les expériences qui m’ont le plus liées aux équipes, celles où on a le plus réussi, celles qui restent dans nos mémoires, dont on parle encore des années après, ce sont celles pour lesquelles on a dû traverser des tempêtes ensemble, avant de réussir à atteindre l’île.🏝️
Peut-être que la vraie cohésion ne naît pas seulement d’une vision commune.
Ramer dans le même bateau, en pleine tempête, même quand on perd de vue l’île, c’est peut-être la clé.

