Pourquoi je refuse de devenir indispensable
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Pourquoi je refuse de devenir indispensable

Que ce soit en tant que manager, product manager, coach ou aujourd'hui freelance, j'ai toujours appliqué la même règle : chercher la meilleure solution au problème qui m'est confié, même lorsque cette solution ne me bénéficie pas directement.


Cela m'a amenée à :

  • repartir de zéro lorsque l'existant ne permettait plus d'atteindre les objectifs ;
  • recommander à un client de travailler avec un acteur plus spécialisé que moi sur certains sujets 
  • former des équipes internes jusqu'à ce qu'elles puissent reprendre seule le produit que j'avais en responsabilité
  • accompagner des collaborateurs pour les rendre autonomes dans leurs prises de hauteur, de décisions. 
  • structurer des organisations afin qu'elles ne dépendent plus d'une seule personne.


Récemment, j'ai même recruté des freelances pour démarrer une équipe produit, alors qu'à terme une partie de mon propre périmètre leur sera transférée.

Dit comme ça, cela peut sembler contre-intuitif.

Après tout, lorsqu'on est freelance, ne devrait-on pas chercher à devenir indispensable ?


La question mérite d'être posée.

Être indispensable peut sembler sécurisant. Une mission dure plus longtemps. Le client dépend davantage de vous. Les renouvellements paraissent plus probables.


Mais avec le temps, j'ai constaté qu'il existait une différence importante entre sécuriser une mission et sécuriser une activité.

Une mission devient fragile lorsqu'elle repose sur une seule personne.

  • Les décisions ralentissent.
  • Les sujets s'accumulent.
  • Les équipes attendent.
  • L'organisation crée un goulot d'étranglement.


C'est précisément le type de problème que nous cherchons à résoudre lorsque nous parlons de Lean, d'agilité ou de transformation.

Pourquoi reproduirais-je chez mes clients ce que je leur conseille d'éviter ?

J'ai deux mantras qui me servent souvent de boussole lorsque je dois arbitrer entre plusieurs options :


#Respirer #Aligner


Devenir indispensable n'est pas compatible avec le premier.

Une organisation qui ne peut plus avancer sans vous finit par limiter sa propre capacité à évoluer.


Et ce n'est pas compatible avec le second non plus.

Ce que j'aime dans mon métier, c'est découvrir de nouveaux contextes, comprendre de nouveaux secteurs, confronter mes convictions à d'autres réalités et continuer à apprendre.


Alors je vais continuer à faire ce que j'ai toujours fait :

  • transmettre,
  • aider à se focaliser, à garder le cap
  • recruter plus fort que moi quand c'est nécessaire,
  • rendre les équipes autonomes,
  • et parfois même organiser mon propre remplacement.


Parce qu'au fond, la valeur que j'apporte n'est pas d'être indispensable.

Elle est de faire en sorte que personne ne le soit.

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